Banques : Accélération de la croissance du crédit à 3,3 % en septembre

Michel Morgan

janvier 14, 2026
Marchés

Évolution récente de la croissance du crédit bancaire en septembre 2026

En septembre 2026, le secteur bancaire marocain a enregistré une accélération notable de la croissance du crédit à hauteur de 3,3 %, une hausse par rapport au 3,1 % observé précédemment. Cette performance découle principalement de la dynamique des prêts accordés aux sociétés non financières (SNF), un indicateur clé du climat économique et financier du pays.

Selon les dernières statistiques monétaires publiées par Bank Al-Maghrib, cette augmentation traduit une progression significative dans plusieurs segments, tant dans le secteur public que privé. Notamment, les prêts aux SNF publiques ont grimpé de 14,9 %, illustrant un effort soutenu dans le financement des entreprises étatiques, tandis que les crédits aux ménages ont également progressé modérément de 1,1 %.

Ce contexte est d’autant plus intéressant qu’il reflète une tendance régionale, voire globale, où les banques s’efforcent de jouer un rôle pivot dans le soutien financier à l’économie réelle. Le marché bancaire, caractérisé par des taux d’intérêt fluctuants, continue ainsi de s’adapter aux besoins évolutifs de financement, tout en restant attentif aux risques liés à l’endettement.

Ce regain d’activité dans la distribution de crédit est à mettre en parallèle avec les évolutions observées dans d’autres zones économiques, notamment la Zone Euro où le crédit bancaire montre des signes de ralentissement, liés aux politiques monétaires resserrées. Le Maroc, pour sa part, semble bénéficier d’un léger avantage compétitif à travers une politique bancaire adaptée et des conditions de prêt relativement maîtrisées.

L’évolution récente offre des perspectives prometteuses pour l’économie nationale, qui s’appuie de plus en plus sur le financement bancaire pour soutenir ses secteurs productifs. Cela se traduit également par une meilleure allocation des ressources en faveur des projets d’investissement, qu’il s’agisse d’embellissements d’infrastructures ou de développement industriel.

Croissance du crédit accélérée en septembre, détails de l’évolution crédit bancaire 2024.

Analyse détaillée des catégories de crédit : focus sur le secteur non financier

Dans le segment du secteur non financier, la croissance du crédit s’inscrit grâce à l’ensemble des catégories de prêts. Les facilités de trésorerie enregistrent une hausse de 5,1 %, signe que les entreprises recherchent davantage de liquidités pour maintenir leurs opérations courantes ou saisir de nouvelles opportunités sur le marché. Ce type de financement court terme est vital pour la gestion quotidienne et traduit une confiance accrue dans la stabilité économique auprès des banques.

Le crédit à l’équipement progresse fortement, à hauteur de 8,3 %, reflétant les investissements productifs en capital matériel. Cette accélération est essentielle pour le renouvellement des outils industriels et technologiques, ce qui constitue le socle de la compétitivité des entreprises sur le marché international, notamment dans les secteurs secondaire et tertiaire.

Les prêts immobiliers poursuivent leur expansion avec une croissance de 1,9 %. Bien que plus modérée, cette progression montre que les ménages et certaines entreprises continuent à investir dans des actifs durables malgré un contexte global de hausse des taux d’intérêt. Cet avantage demeure toutefois sous contrainte, car l’augmentation des taux limite l’accès au financement pour certains segments du marché immobilier.

Par ailleurs, les prêts à la consommation affichent une croissance de 1,1 %, illustrant un dynamisme relatif du pouvoir d’achat des ménages. Malgré les pressions inflationnistes ressenti sur le budget des familles, ce segment reste porteur pour soutenir la demande interne. Cette évolution est souvent corrélée à la confiance des ménages dans la conjoncture économique et à leur capacité d’endettement.

Un point critique à souligner concernant ces différentes catégories réside dans le maintien des créances en souffrance (CES) à un niveau constant de 3,4 %. Leur ratio par rapport au total des crédits reste stable à 8,6 %, témoignant d’une maîtrise globale des risques bancaires malgré la montée des prêts. Cette stabilité est primordiale pour un marché bancaire en croissance, où le contrôle des impayés conditionne la confiance des investisseurs et des déposants.

Analyse du crédit bancaire dans le secteur non financier, Données détaillées du crédit bancaire au Maroc.

Tableau récapitulatif de la croissance par catégorie de crédit (%)

Catégorie de créditCroissance (%) en septembre 2026
Facilités de trésorerie5,1
Crédit à l’équipement8,3
Prêts immobiliers1,9
Prêts à la consommation1,1

Impact sectoriel de la croissance du crédit bancaire sur l’économie marocaine

La répartition du crédit par branche d’activité présente de fortes disparités, mais qui permettent d’identifier clairement les moteurs de la croissance économique. Entre juin et septembre, l’ensemble des prêts bancaires a connu une accélération de 3,2 % à 4,9 % sur un trimestre. Cette aire de progression est particulièrement portée par les entreprises industrielles et de services.

Dans le secteur secondaire, qui regroupe notamment l’industrie manufacturière, la construction et l’énergie, la croissance des prêts a connu un bond significatif, passant de 6,9 % à 11,2 %. Cette hausse est la manifestation de besoins croissants en investissements pour répondre à la demande locale et extérieure. Les banques montrent ainsi leur volonté de soutenir concrètement les projets productifs qui génèrent de la valeur ajoutée.

Le secteur tertiaire, englobant commerces, services, tourisme et technologie, enregistre également une croissance des crédits, quoique plus modérée, avec une progression de 2 à 2,9 %. Compte tenu de la nature hétérogène de ce secteur, cette évolution reflète une diversification du financement bancaire, allant des petites entreprises aux grandes structures, et un étalement plus large de l’offre de prêts.

À l’inverse, le secteur primaire — principalement l’agriculture et la pêche — continue de subir une contraction des financements, avec une baisse accentuée de 0,4 % à 0,8 %. Cette tendance signale sans doute des difficultés structurelles dans ces industries, où les banques restent prudentes, préférant limiter leur exposition aux risques liés aux aléas climatiques ou aux fluctuations des prix des matières premières.

L’impact économique global de ces dynamiques sectorielles reste majeur puisqu’il conditionne directement la croissance nationale, l’emploi et la productivité. Le marché bancaire joue ainsi un rôle critique dans la canalisation des ressources nécessaires à la modernisation des filières économiques prioritaires.

Impact sectoriel et croissance du crédit au Maroc, Statistiques du crédit bancaire.

Influence des taux d’intérêt sur le financement par les banques en 2026

La politique des taux d’intérêt représente un levier déterminant dans l’évolution du crédit bancaire. En septembre dernier, les taux observés sur le marché marocain sont restés en deçà de la moyenne de la zone Euro, oscillant autour de 3,32 %. Cette situation dénote un environnement de crédit attractif mais aussi fragile, dans un contexte où les banques ajustent constamment leurs marges pour pallier la hausse des coûts de refinancement.

Le maintien de taux modérés favorise notamment l’accès au financement pour les ménages et les entreprises, même si les hausses passées ont durablement freiné certains segments, comme les prêts immobiliers. La gestion des taux dans un tel contexte requiert donc un équilibre fin entre rentabilité bancaire et soutenabilité de la dette pour les emprunteurs.

Un autre facteur explique l’évolution des taux : les orientations des banques centrales, notamment Bank Al-Maghrib, qui adapte ses décisions en fonction des indicateurs liés à l’inflation et à la stabilité monétaire. Cette posture impacte directement la politique de crédit des banques commerciales, comme observé aussi dans la zone Euro où la politique monétaire a fortement ralenti le crédit, avec des effets palpables sur l’activité économique.

Plus largement, les taux d’intérêt agissent comme un signal pour le marché bancaire et pour l’économie globale. Ils influencent la demande de crédit, les projets d’investissement et, par ricochet, la croissance nationale. Dans ce cadre, le choix de moduler ces taux demeure un exercice complexe nécessitant des ajustements constants au gré des conjonctures.

Politique des taux d’intérêt et financement en France, Effets du freinage du crédit dans la zone Euro.

Perspectives et défis à venir pour le marché bancaire et le crédit en 2026

Le contexte économique mondial et national en 2026 offre un panorama complexe pour les banques, fortement sollicités pour accompagner la dynamique économique tout en gérant les risques financiers. La croissance accélérée du crédit à 3,3 % en septembre illustre cependant la capacité du système bancaire à soutenir l’économie, notamment à travers un financement adéquat des entreprises et des ménages.

Parmi les défis majeurs, la gestion des créances en souffrance reste une priorité, même si les ratios actuels semblent maîtrisés. La stabilité de la qualité des actifs est cruciale pour éviter une détérioration du bilan bancaire qui pourrait freiner la distribution des prêts.

Par ailleurs, les banques devront continuer d’adapter leur offre face aux nouveaux besoins comme le financement des technologies vertes, la digitalisation et le secteur des PME, qui constituent des vecteurs de croissance essentiels. L’innovation financière, conjuguée à une régulation rigoureuse, servira d’indicateur clé pour cette évolution.

Pour les investisseurs, comprendre les tendances du marché bancaire et du crédit est central afin d’évaluer les risques et opportunités. En ce sens, certains acteurs regardent déjà vers la mobilisation accrue des ressources sur les marchés financiers pour compléter les crédits bancaires et diversifier les sources de financement, conformément aux projets de développement économique annoncés.

Cette période d’incertitude invite les décideurs à conjuguer vigilance et dynamisme. La croissance observée en septembre 2026 reste un signal encourageant, mais elle doit être consolidée par des politiques publiques adaptées et une coordination étroite entre banques, autorités économiques et entreprises.

Projections pour le marché du crédit bancaire, Mobilisation des marchés financiers au Maroc.

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